Villefranche-sur-mer, sa rade et sa darse

Fondée voici presque huit siècles, Villefranche-sur-Mer ne manque pas d’atouts : un merveilleux patrimoine naturel - son site et sa magnifique rade - et historique, hérité du Moyen Age et des siècles suivants, mêlant vieilles rues, vieilles maisons, fortifications, église, chapelles, citadelle.

Mais Villefranche possède également un trésor maritime inestimable venu tout droit du XVIIe siècle, son « Port Royal » ou port de la Darse.

darse poteur

Reconstitution de la Darse au XVIIIe siècle (d’après une maquette du CD06 réalisée sous la direction de J-C Poteur)

Presque intégralement préservé depuis sa construction par les ducs de Savoie devenus rois Sardes en 1720, qui avaient précédemment fait édifier la Citadelle, le fort du Mont Alban, et quelques autres fortifications chargées de protéger la rade, ce Port Royal est l’un des rares ensembles portuaires du XVIIIe siècle, encore presque intact au long des côtes françaises.darse voeux ginesy2019La Darse de Villefranche de nos jours ; seul manque à l’appel la caserne surmontant jadis les voûtes

Il s’agit en fait d’un ancien bassin, construit dès le XVIe siècle, qui abrita d’abord les galères du duc de Savoie. Agrandi et devenu port royal au cours du XVIIIe siècle, l’ensemble portuaire associait à la fois des bâtiments pour héberger, ou soigner, galériens et soldats, et des équipements dédiés à la construction, l’équipement et la réparation des navires. On y trouvait également des entrepôts pour les marchandises du port franc institué à Villefranche au début du XVIIe. La plupart de ces équipements existent toujours ; ils constituent un ensemble patrimonial maritime d’une grande richesse. Parmi les constructions techniques nécessaires à l’activité d’un port militaire d’alors on remarque encore de nos jours : un beau bassin, bien protégé par un môle de pierres, un bassin de radoub avec ses ateliers de proximité, un arsenal et ses forges, un hôpital pour les galériens, une longue corderie et, au fond de la Darse, une série de huit belles arcades en pierres de taille blanches, façade de doubles voûtes en briques, prolongées, pour quatre d’entre elles, par de profondes galeries souterraines. L’ensemble supportait jadis une grande caserne de trois étages, détruite en 1942 en raison de sa vétusté.

voutes

Les voûtes de la Darse ; elles sont surmontées maintenant d’un jardin-terrasse «moderniste» imaginé dans les années 1960 par l’architecte Eugène Beaudouin et son épouse Joséphine.

Go to top